CGT FERC Sup, FO ESR, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, SUD Education

En tant qu’organisations syndicales de personnels de l’Université Clermont Auvergne, nous tenons à affirmer notre solidarité avec les mouvements lycéen et étudiant en cours, dont nous partageons les revendications, et nous nous opposons à la répression extrêmement violente dont ils font l’objet. En onze jours, 6 877 gardes à vue ont été enregistrées (86 % concernant des mineurs), dont seul un tiers a donné lieu à des poursuites, et 18 enquêtes de l’IGPN ont été ouvertes à la suite de blessures gravissimes infligées à des lycéen.nes, généralement mineur.es. À titre de comparaison, le mouvement des Gilets jaunes avait donné lieu à 10 601 gardes à vue en l’espace de six mois et 26 actes.

Nous condamnons fermement l’absence de considération des revendications lycéennes et étudiantes de la part du gouvernement, qui, parce qu’il a contribué à casser depuis dix ans le système d’enseignement public, porte une responsabilité directe dans la situation actuelle. Nous regrettons également la réponse de la présidence de l’Université Clermont Auvergne, qui le 7 octobre, face aux mobilisations et blocages étudiants des jours précédents, a proposé aux enseignant.es qui le souhaitaient d’assurer leurs enseignements en distanciel au sein des UFR LCSH, PSSSE ainsi qu’en LCC où le doyen a permis aux cours des 8 et 9 octobre de se tenir uniquement en distanciel. Cette mesure pour le moins ambiguë nous semble peu courageuse et même pernicieuse, dans la mesure où elle contribue à diviser les enseignant.es et les étudiant.es, qui se voient ainsi privé.es de la possibilité de se retrouver pour échanger, débattre et se mobiliser en vue de construire des revendications communes.

Nous demandons à la présidence de l’Université Clermont Auvergne, d’une part de prendre clairement position en apportant son soutien aux revendications des lycéen.nes et étudiant.es, d’autre part de garantir la possibilité d’échanger, débattre et se mobiliser sur tous les sites de l’établissement. Nous rappelons par ailleurs que la bascule des enseignants en distanciel ne peut être rendue obligatoire en l’absence des avis des conseils des composantes concernées et d’un vote par le Conseil de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU).

Nous faisons nôtres les revendications des mouvements lycéen et étudiant : l’amélioration des conditions matérielles d’enseignement, aujourd’hui indignes ; la rénovation et l’adaptation des locaux au bouleversement climatique ; l’amélioration du taux d’encadrement des étudiant.es et l’embauche de personnels enseignant, administratif et soignant ; la suppression de Parcoursup et de Monmaster, procédure anxiogènes pour les élèves et étudiant.es qui généralisent la sélection dans l’enseignement supérieur public; la suppression des frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires et le refus d’une hausse des frais d’inscription pour l’ensemble des étudiant.es. Nous réclamons un investissement massif dans l’enseignement supérieur public, ce qui exige une refonte radicale du budget actuellement en discussion.

Communiqué intersyndical - 2026-10-14.pdf